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À Dakar, le Forum mondial de l’eau en quête de solutions

À Dakar, le Forum mondial de l’eau en quête de solutions
À Dakar, le Forum mondial de l’eau en quête de solutions
23 mars 2022

Entre déclarations de personnalités et conférences, le forum organisé au Sénégal appelle à passer à l’action, alors que 40 % de la population n’a pas accès à l’eau potable en Afrique subsaharienne.

« Après une année de mise en œuvre, nous avons déjà financé la production de 24 000 m³/ jour d’eau potable », a souligné ce 22 mars Serge Ekué, le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), au deuxième jour du Forum mondial de l’eau qui se tient cette semaine à Dakar.

Le patron de la BOAD faisait le bilan du plan Djoliba, un programme stratégique s’étalant sur la période 2021-2025 et centré sur des secteurs prioritaires ayant notamment « l’ambition de financer la production de 87 700 m³/jour d’eau potable à l’horizon 2025 ». Illustration de la volonté générale, de la part des acteurs privés comme publics, de mettre l’accent sur les enjeux économiques, politiques et sociaux de l’accès à l’eau sur le continent.

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Annuler la dette

La veille, lors de l’ouverture de ce forum qui se tient pour la première fois en Afrique de l’Ouest, le président du Sénégal, Macky Sall, avait rappelé les menaces liées à la rareté de l’eau, source de conflit, et appelé à inscrire cette problématique au cœur de l’agenda international. Il était entouré de nombreux homologues africains, dont Denis Sassou Nguesso (Congo), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau) ou encore Sahle-Work Zewde (Éthiopie), ainsi que de représentants d’institutions internationales, comme David Malpass, le président de la Banque mondiale, Audrey Azoulay, la directrice générale de l’Unesco, ou encore Loïc Fauchon, le président du Conseil mondial de l’eau.

Dans son discours introductif, Fauchon avait plaidé au nom du Conseil mondial de l’eau pour l’annulation de la dette de l’eau au profit des États et des collectivités les plus pauvres. Cette décision devant s’accompagner, selon lui, « d’une exigence de réinvestissement immédiat des mêmes montants dans la construction d’infrastructures de l’eau et de l’assainissement autant que dans la maintenance et la formation des femmes et des hommes ».

40 % de l’Afrique subsaharienne sans accès à l’eau

Quelques chiffres de l’OCDE, issus d’un rapport sur la gouvernance de l’eau dans les villes africaines paru en juin 2021, permettent de résumer la situation. En Afrique subsaharienne, 40 % de la population ne bénéficie pas d’un accès de base à l’eau, un chiffre qui atteint 70 % pour l’assainissement.

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Au cours des quinze dernières années, les inondations et glissements de terrain ont touché 38 millions personnes sur le continent et causé des dommages estimés à plus de 4 milliards de dollars. D’ici à 2030, entre 75 à 250 millions d’Africains vivront dans des zones de stress hydrique élevé, ce qui devrait conduire au déplacement de 24 à 700 millions d’individus.

Face à ces défis, l’évènement de Dakar, qui se déroule jusqu’au 26 mars, se veut « le forum des réponses ». Des réponses, les dizaines et dizaines de conférences qui se succèdent depuis le lancement du forum, en regorgent. Leurs intitulés sont riches et variés. La plupart sont pilotées par des institutions internationales, comme l’Unesco, l’AFD, l’Unicef ou la FAO. Parmi les exposants, on trouve également nombre d’entreprises actives dans les services liés à l’eau.

OMVS distinguée

Parmi les solutions déjà à l’œuvre, l’action de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) a été mise en avant, en recevant le Grand prix mondial Hassan II de l’eau, une distinction accompagnée d’une enveloppe de 500 000 dollars.

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L’OMVS, qui regroupe le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée – et fête ses cinquante ans d’existence cette année – a été saluée pour son travail en faveur de la « concrétisation de la sécurité hydrique et alimentaire » du grand bassin transfrontalier et pour son action en faveur de « la paix, la prospérité et le développement territorial ».

Source: 
JEUEAFRIQUE